JOURNAL D’UNE DEPRESSION

de Hideo Azuma

2 août 2012 - 0 commentaires

JOURNAL D’UNE DEPRESSION (couverture)

Suite et fin du JOURNAL D’UNE DISPARITION. Comme le dit l’auteur dans les deux préfaces, n’attendez aucun incident, aucune péripétie dans ce nouvel opus qu’il présente comme un journal intime qu’il tient du 7 juillet 2004 au 16 février 2005, soit 5/6 ans après sa sortie du Pavillon des alcooliques, l’hôpital psychiatrique dans lequel il a été interné.

Ce journal tenu quotidiennement est illustré par des dessins exécutés en temps réel et s’est transformé au fil du temps en manga agrémenté par 3 interviews de l’auteur. La platitude du style est voulue et correspond assez bien au sentiment que l’on a des jours qui passent et se ressemblent. Du coup, l’ensemble reste monotone et pourtant l’oeuvre recèle de quelques pépites. Encore faut-il être liseur comme l’auteur et avoir la possibilité de dévorer 2 livres par jour.

Azuma a des goûts éclectiques et étonnants: le manga évidemment, la SF, le roman d’anticipation, les policiers, les prix littéraires. Tous sont annotés et critiqués par le mangaka. A part la lecture, il regarde beaucoup la télévision surtout les émissions comiques, les combats qui tiennent (d’après moi car il n’y a pas de précisions spécifiques) de l’UFC, des animés.. Il écoute pas mal de musique. Et bouffe des nouilles, travaille deux heures par jour sur ses projets, tente d’avoir des idées pour les prochaines publications, se promène, fréquente assidûment la bibliothèque, reçoit des cadeaux de ses fans, bref, vous voilà plongé dans le quotidien d’un dépressif qui gobe ses médicaments comme des bonbons. Dit ainsi, ce journal n’a rien d’attrayant, sentiment partagé par beaucoup de lecteurs, et pourtant je relis ses deux oeuvres chaque année avec plaisir. Ce dépressif m’est sympathique et ne manque pas d’humour.

L’autre intérêt de ce seinen est qu’il aborde la genèse du JOURNAL D’UNE DISPARITION qu’il a mis presque dix ans à écrire, les difficultés à trouver une maison d’édition pendant la crise du marché du manga et de sa décision à le publier à compte d’auteur alors qu’il se débattait avec la relative indigence dans laquelle il vivait. J’apprécie son coup de crayon, le côté linéaire de l’histoire ne m’a pas gêné, au contraire, ça m’a mise à l’aise. Bon après, évitez de le lire d’une seule traite, ça pourrait vite vous saouler. Une bonne pioche.

 

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