JOURNAL D’UNE DISPARITION

de Hideo Azuma

25 juillet 2012 - 0 commentaires

JOURNAL D’UNE DISPARITION (couverture)

Un mangaka,, acculé  par la pression de sa maison d’éditions, aspire à aborder la vie de façon positive, quitte tout pour une existence vagabonde. Déprimé, angoissé, délirant, échouant à réussir son suicide, on suit avec plaisir les péripéties de ce noctambule. Largement autobiographique et servi par un trait enfantin et mignon ( les dessins réalistes le font souffrir et l’attristent) , le journal d’une disparition se divise en trois parties.

Marcher dans la nuit:

En novembre 1989, sous prétexte d’un ravitaillement en cigarettes et souffrant du syndrome « je-ne-veux-pas-travailler »et d’une bonne gueule de bois, s’installe dans la forêt  trouvant sa pitance quotidienne dans les poubelles de la ville, ramassant les mégots jetés sur les trottoirs, récupérant les fonds de bouteilles de saké, fuyant la société des hommes. Armé des sept outils indispensables au mangaka, il s’aménage un petit nid douillet.

Marcher dans la ville:

Avril 1992, pâtissant d’une dépression chronique et regrettant la vie de patachon du sans-abri, il s’enfuit à nouveau. En plus de sa quête quotidienne de nourriture, d’alcool, de cigarettes, l’absence de lecture le taraude. Dans ce chapitre, Azuma s’implique tant dans les relations humaines qu’il finit par être embauché pour des travaux de tuyauterie et suivre une formation pour devenir un ouvrier du gaz. Le grand air, le chantier, une énième démission, il retourne au manga et en profite pour nous raconter ses débuts, ses rencontres avec les grands maîtres du genre, ses collaborations avec divers revues de publications.

Le Pavillon des alcooliques:

Vers la fin de 1997, son alcoolisme est tel que les hallucinations liées à sa pathologie le rendent  incapacitant. Le 25 décembre 1998, il est hospitalisé de force dans un hôpital psychiatrique. Nous suivons son quotidien  et celui de ses nouveaux amis.

Un manga humoristique qui aborde la dépression, l’instinct de suicide, le désir de fuite et l’alcoolisme. Les personnages sont adorables ( le dessin y est pour beaucoup), la narration fluide, les scènes cocasses.  Deux interviews concluent ce tome, celui de Maya Kiuchi imprimé à l’intérieur de la jaquette et de Tori Miki, auteur d’Intermezzo et co-scénariste de l’animé Patlabor. Une découverte agréable couronnée par de nombreux prix littéraires au Japon.

 

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