IL BABBO

de Ivan Macaux

17 septembre 2013 - 0 commentaires

IL BABBO (couverture)

Premier roman d’un égyptologue parigo-sudiste qui, avec les quelques indices stockés dans sa mémoire, fabrique une biographie de contrebande, celle du père surnommé Il Babbo. Le mythe de l’antihéros, canaille idéaliste ou raté débonnaire – that is the question, nait au fil des kilomètres engloutis par une vieille Fiat Panda bringuebalante.

Fin de l’été, des vacances, retour à la vie par les nationales. Le Var-Paris, par les petites routes, une bonne semaine pour se connaitre, pour combler les vides, exiger des réponses, car au bout de vingt ans de vie commune, ce père reste une énigme.

Non, non, ce livre n’est pas l’œuvre d’un de ces introspectifs nombrilistes qui écrivent pour se soigner aux frais des autres mais plutôt un journal intime qui encense les losers, ceux qui passent toujours à deux doigts de décrocher le gros lot, le pauvre type maudit par une guigne tenace. Naïveté? Stupidité? Malchance? Le fils n’en sait rien, préfère ce silence qui les accompagne le long du voyage pour laisser son esprit vagabonder et esquisser un portrait né dans le flou des souvenirs. Il se rappelle les fabuleux projets suivis d’échecs retentissants du père en Afrique, Madagascar, Russie. La venue régulière des huissiers. La détermination de cet homme à réussir quitte à contrefaire signatures, établir des contrats douteux, détourner de l’argent. L’histoire d’un homme qui s’est rêvé plus fort qu’il ne l’est. Se dessine en creux un portrait d’une famille. La grande bourgeoisie du côté maternelle: grand-père ministre de De Gaulle, maire de son patelin dans le Var, une famille respectée par tous. Du côté de Il Babbo, des petits fonctionnaires motivés par l’ascension sociale sous la férule d’un père peu enclin à la fainéantise. Travail, toujours le travail, des efforts en n’en plus finir alors qu’une seule bonne idée suffirait à le rendre riche. Il Babbo, qu’il ne prend pas pour un pied tendre sur la question des affaires, n’en finit pas de se gameler pour autant. Une semaine pour comprendre cet inconnu.

Les pages défilent. La langue très moderne colle bien à la personnalité du narrateur, la vingtaine, étudiant. Aux chapitres sur la famille s’intercalent ceux encore plus personnels du personnage principale: les Panthéons numérotés dans lesquels il n’hésite pas à glorifier « ceux qui manquent de chance, qui passent à côté de leur vie pour un rien« . On sourit souvent. C’est écrit simplement avec ce petit truc en plus: la spontanéité. Cette qualité offre une fraîcheur au récit. Une jolie histoire, agréable à découvrir, distrayante. Un divertissement qui tient ses promesses jusqu’au bout. Pour un livre qui s’inspire d’une histoire familiale, Ivan Macaux ne manifeste pas un égocentrisme narcissique tendance maniaco-dépressif, il reste amusant jusqu’au bout. Pas le livre de la décennie, mais c’est un petit livre bien mignon au final.

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