L’ART D’ECOSSER LES HARICOTS

de Wieslaw Mysliwski

27 mai 2011 - 1 commentaire

L’ART D’ECOSSER LES HARICOTS (couverture)

Un inconnu débarque chez un vieux gardien d’un village de vacances pour lui acheter des haricots. C’est l’occasion pour ce vieil homme qui lorsqu’il n’est pas en train de faire ses rondes ou de repeindre les plaques funéraires de lui raconter sa vie. Le tout en écossant des haricots! Tout en brossant le portrait des différentes personnes qui l’ont marquées, il y intègre la grande histoire à la petite, celle de la Pologne avant et après la guerre puis l’arrivée du communisme.

Enfant, sa vie est rythmée par les saisons et son lot de corvées, par les habitudes de chacun qui vont de l’interprétation des rêves aux coutumes religieuses. Puis le pays s’embrase, il se retrouve comme beaucoup d’orphelins dans une école spéciale où se retrouvent aussi bien des délinquants que des tueurs; elle existe pour former les futurs pionniers qui façonneront le pays pour un avenir meilleur et radieux. Devenu électricien par la force des choses, il exécute le programme édicté par l’état. De chantier en chantier, il fera la connaissance d’une figure en particulier qui bouleversera le cours de son existence. C’est dans ce monde là qu’il y fait les rencontres qui détermineront ses choix. Entre un professeur de musique alcoolique qui a pour consigne de monter un orchestre, un vieux magasinier invalide saxophoniste émérite qui le prend sous son aile, un curé/soudeur qui lui donne le goût de la lecture, un chapelier à moitié dingue, les rencontres dues au hasard, notre héros s’extirpe de ce marasme pour réaliser son rêve: vivre par et pour la musique. Devenir saxophoniste et voyager.

De toutes ses aventures, ses rencontres fortuites, il partage avec le lecteur ses réflexions sur la vie, le hasard, la réalité, l’amour, le temps avec humour et philosophie. Son acuité intellectuelle garde un je-ne-sais-quoi d’enfantin. Une fraîcheur d’esprit teintée de curiosité positive. De sa vie dans ses baraquements surpeuplés, mal chauffés, aux relents de tabac froid et de vodka, aux conditions de travail pénibles en passant par les diverses pénuries qui l’affectent, il a su maintenir en lui l’espoir.

Ce monologue, limpide dans sa narration tel un cours d’eau, tient du conte philosophique et apporte soit une réponse soit ouvre sur d’autres questions. Les chapitres se succèdent délicatement, lentement, sûrement au point que l’on s’imagine être devant lui. L’effet de proximité est réel, le lecteur est l’invité privilégié, le témoin de ses observations et des leçons qu’il en a tirées. La cadence du récit rappelle à la fois une cascade d’eau, le grand 8 des fêtes foraines et je ne m’explique pas comment l’auteur parvient à suspendre le temps. Tout en lui donnant du mouvement. C’est magique. Dés les premières pages, on est happé par son incontestable talent de conteur, par cette humeur bon enfant, par cette tranquillité d’esprit comme si la boucle était bouclée.

A l’attention de Christiane, with all my love.

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