NONNONBÂ

de Shigeru Mizuki

13 août 2013 - 0 commentaires

NONNONBÂ (couverture)

L’auteur raconte sur plusieurs chapitres les évènements et personnes qui ont marqués son enfance.

Nous sommes en 1930 à Sakaï-minato, une petite ville rurale du Japon. La vie y est rude. De ses 8 ans jusqu’à son entrée en quatrième, Gégé, cancre et glouton, partage son temps entre des batailles rangées façon Guerre des boutons et son monde intérieur, celui de l’imaginaire. Doté d’un esprit riche, fécond, inventif, son abondante production remplit de fierté et d’effroi sa famille. Les yokaïs, les fantômes le passionnent tant qu’il passe de nombreuses nuits à concocter de nouvelles aventures.

Gégé grandit dans une famille peu conventionnelle au goût du grand-père et de la mère. Le père, seul habitant de la ville à avoir fréquenter l’université, n’est que caissier dans une banque. L’ambition ne l’étouffe pas. Sa dernière lubie à ce dilettante est d’ouvrir une salle de projection dans sa grange, histoire d’apporter un peu de culture parmi ces pécores. Il délègue rapidement cette petite affaire à son épouse pour mieux se consacrer à la rédaction d’un futur chef d’œuvre du cinéma. Coupé des réalités économiques, la famille croule sous les dettes, il tente de dispenser auprès de sa progéniture sa conception de la vie qui consiste à s’élever au-dessus des trivialités quotidiennes, voire même les ignorer, pour jouir pleinement des petits bonheur et malheur de l’existence. C’est une personnalité positive avec un humour décalé. Son épouse qui n’a de cesse de rappeler sa longue lignée lors de leurs disputes est d’une nature plus inquiète. Ce n’est pas tout de négocier avec les dettes de son mari, il y a un rang à tenir et seules de longues études permettent d’accéder au confort qu’elle souhaite pour ses enfants. L’ainé, sérieux, appliqué est sa joie. Le benjamin, l’esprit un brin critique et caustique, est tout acquis à la cause de Gégé. Non seulement il l’épaule durant les batailles de chefs de bande mais il attend avec impatience la suite des aventures sorties tout droit de l’imagination fertile de son frère. L’arrivée de NonNonbâ dans la famille déclenchera une série de bouleversements à la fois drôles, inquiétantes et poignantes. Cette vieille dame superstitieuse, pieuse, pauvre, pourvue d’une prodigieuse mémoire et savoir sur la mythologie japonaise sera une source d’inspiration pour Gégé.

NonNonbâ est analphabète, issue d’une famille de paysan très pauvre et a connu le sort réservé aux démunis. A la mort de son mari, la famille de Gégé la recueille. Sa fabuleuse connaissance des dix mille milliards de monde, ce monde invisible, est une source intarissable d’inspiration pour le jeune garçon.  A ses côtés, Gégé  connaîtra l’amour, la mort, la compassion et l’espoir. La complicité qui les lie agira comme un baume sur ce garçon parfois têtu. Elle lui enseignera les formules à réciter pour se débarrasser d’un yokaï mal intentionné, les prières à dire pour ne pas fâcher d’anciennes déités, le respect de la nature, de soi et des autres. A son contact, il devient vite mature et perd tout son intérêt dans la bataille entre bandes rivales. C’est par les femmes que le changement se produira alors que jusqu’à récemment il les évitait parce que ça rend faible.

Un récit onirique d’une infinie tendresse où les deux mondes, le visible et le surnaturel se côtoient. Une merveilleuse leçon de vie.

Prix du Meilleur album à Angoulême en 2007.

 

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