LES FRERES SISTERS

de Patrick deWitt

21 décembre 2012 - 3 commentaires

LES FRERES SISTERS (couverture)

BRILLANT et RENVERSANT. Je ne m’attendais pas à être si surprise par une simple histoire de western et surtout par un livre choisi pour sa couverture et son titre rigolo. Mais qu’est-ce qui m’a tant plu et qui m’a obligé à le finir d’une traite comme si ma vie en dépendait? Certes le genre western, les grands espaces, l’Amérique sont des thèmes qui trouvent un écho en moi. Le véritable talent de cet auteur canadien qui m’était inconnu jusqu’à ce jour, est ce délicat mélange de bestialité, spiritualité, d’insanité raconté dans une langue sublime. Un western picaresque qui aborde aussi bien les notions de l’amour, de la fraternité, de la solitude, de la folie, de la cupidité, de la quête de soi. Un livre hilarant, étrange, mélancolique et résolument poétique. Patrick deWitt est un alchimiste et maîtrise parfaitement l’humour noir et le western pour accoucher d’un ovni littéraire. Lire la suite…

LA BIBLIOTHEQUE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE

de Kim Jung-hyuk

19 décembre 2012 - 5 commentaires

LA BIBLIOTHEQUE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE (couverture)

C’est injuste de mourir anonyme, dernière pensée à laquelle se raccroche un homme victime d’un accident de la route, pensée qui nous a au moins traversé une fois dans notre vie. Que faire dans une société prise dans la course folle du rendement immédiat? Où la société de consommation se substitue au bien-être et offre une piètre consolation à la vacuité de notre existence? Où la peur de ne plus faire partie d’un ensemble lisse et policé vous pousse à en accepter toutes les contraintes? Dans un présent incertain qui annonce un futur précaire, l’angoisse existentielle de ces héros anonymes finit par les asphyxier tant et plus que seul un accroc à-priori anodin dans la marche bien huilée du monde peut les sauver. Même si en fin de comptes, la vie n’est qu’une succession de circonstances (…) la vie change au gré d’évènements sans lien apparent, comme un collier dont on enfile les perles. Continuer ce collier, n’est-ce pas le but de la vie?  Maintenant, il faut choisir entre réussir sa vie, dans la vie ou les deux. Chaque personnage, après une analyse sans concession de leur situation  et aspiration, remédie au vide de leur existence en saisissant l’opportunité qui leur est offert. Lire la suite…

CHRONICLES OF WORMWOOD (v.o)

de Garth Ennis - Jacen Burrows

13 décembre 2012 - 0 commentaires

CHRONICLES OF WORMWOOD (v.o) (couverture)

Garth Ennis est la raison pour laquelle j’ai publié peu de billets ce mois-ci. Tout est de la faute de ce diabolique enchanteur! Honte à lui, à sa faconde, son imagination, son humour décapant. Je suis plongée dans toutes les œuvres  que j’ai du Monsieur. Impossible d’expliquer cette addiction inattendue sauf en admettant une bonne fois pour toute que l’excellence provoque de dangereux effets secondaires.

Restons simples : Monsieur Ennis, pour ceux qui connaissent le savent déjà, pour les autres, c’est un putain de génie. Et cette mini-série 3 volumes, clairement anticléricale, n’est qu’un amuse-gueule comparé à PREACHER et THE BOYS mais ça ne se refuse pas! Que nenni. La nerd/geek assumée et cataloguée en tant que tel se réjouit  sans honte de cette lecture et manifestera sa joie tout au long du billet. Lire la suite…

LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME

de Jérôme Ferrari

12 décembre 2012 - 1 commentaire

LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME (couverture)

Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles? L’homme bâtit sur du sable. Si tu veux étreindre ce qu’il a bâti, tu n’étreins que du vent. Tes mains sont vides, et ton cœur affligé. Et si tu aimes le monde, tu périras avec lui. (p198). 

Pour la première fois depuis longtemps, il pensa à Leibniz  et se réjouit de la place qui était maintenant la sienne dans le meilleur des mondes possibles et il eut presque envie de s’incliner devant la bonté de Dieu, le Seigneur des mondes ,qui met chaque créature à sa place. Mais Dieu ne méritait aucune louange car Matthieu et Libero étaient les seuls démiurges de ce petit monde. Le démiurge n’est pas le Dieu créateur. Il ne sait même pas qu’il construit un monde, il fait une œuvre d’homme, pierre après pierre, et bientôt sa création lui échappe et le dépasse et s’il ne la détruit pas, c’est elle qui le détruit. (p99) Lire la suite…

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