John Crow’s Devil

de Marlon James

26 janvier 2016 - 0 commentaires

John Crow’s Devil (couverture)

John Crow’s Devil ou comment monter sa petite église à soi.

L’histoire de John Crow’s Devil se déroule dans un petit village de la Jamaïque.

Gibbeah, une sorte de Sodome et Gomorrhe tropicales, est une bourgade tranquille qui s’accommode fort bien des turpides de ses villageois. Secrets, vices, rumeurs logent profondément dans les replis de leur mémoire. L’ordre n’est plus assuré. Le fondateur du village vit reclus avec ses neveux, ses rares apparences ne suscitant guère plus qu’un murmure étonné. Quant à l’ordre moral, à part quelques âmes égarées, personne ne s’en soucie plus que ça. Que son église se vide, que ses ouailles se tournent vers l’obeah plutôt que vers Dieu, qu’il soit la risée du village, rien n’atteint Pastor Bligh. Tourmenté, la foi vacillante, Pastor Bligh traverse la vie en état d’ébriété permanent. Très attaché à son confort éthylique et peu enclin à guider ses fidèles sur le chemin du salut, Pastor Bligh ne remarque pas les signes de mauvais augures qui se succèdent en cette année 1957.

D’abord, ce sont les John Crow, ces vautours noirs , qui apparaissent. Puis, jailli de nulle part, un bel et énigmatique étranger. Et enfin, l’éviction du Pastor Bligh de son église. Gibbeah, trou perdu replié sur lui-même, devient le théâtre d’une lutte sanglante que se livrent deux hommes de Dieu. Le charismatique Apostle York ne tergiverse pas longtemps sur la manière de redonner foi et rédemption à ses fidèles. Mû par une foi inébranlable, cet homme à poigne entraine sa troupe dans une énième guerre de religion. Quant au Pastor Bligh, une fois remis de son bannissement, il tente de s’opposer à la folie salvatrice de Apostle York.

Premier roman de ce talentueux écrivain jamaïcain, ce court récit sur la lutte entre le Bien et le Mal a été refusé 70 fois avant de trouver une maison d’édition. Du moins est-ce la rumeur qui entoure ce livre. Peu importe la légende, avec ce livre James Marlon imprime son style: crudité de la langue, syntaxe inhabituelle, intégration du créole, ambiance ultra violente, personnages antipathiques, bref, il fait dans le rouleau compresseur linguistique.

C’était son premier, c’est mon dernier James Marlon. Je vous embêterai avec lui lorsque son « Black leopard, Red wolf » une sorte de Game of Throne africain sortira. Vu son rythme, dans 5 ans. D’ici là, je vous invite à découvrir son univers particulier. On le compare à Cormac McCartthy (rien lu de lui), à Toni Morrison (un seul livre lu d’elle), à Tarantino, à Oliver Stone, à Gabriel Garcia Marquez (presque tout lu), j’en sais rien au juste. Personnellement, je trouve sa prose puissante, originale, « wicked » comme peut l’être un Junot Diaz sous stéroïdes.

En vous souhaitant une excellente lecture.

 

Tagged

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Partagez cette critique

Ou suis-je ?

Vous êtes sur la critique John Crow’s Devil sur Immobile Trips.

meta

Achetez

Achetez ce livre sur amazon et soutenez l'équipe immobiletrips.com