LE CHEMINOT suivi de LA LETTRE D’AMOUR

de Jiro Asada - Takumi Nagayasu

7 mai 2012 - 0 commentaires

LE CHEMINOT suivi de LA LETTRE D’AMOUR (couverture)

Un one-shot avec deux histoires écrites par Jiro Asada, l’auteur de Le Roman de la Cité Interdite critiqué sur ce site et mis en images de façon magistrale par Takumi Nagayasu connu en France pour sa série Mother Sarah. Avant de devenir un manga, Le Cheminot a obtenu le prix Naoki en 1997 et le prix du meilleur premier rôle masculin au festival du film de Montréal revenu à Ken Takakura, acteur reconnu au Japon. Autre précision concernant cette oeuvre: le dessinateur et le scénariste ne se sont jamais rencontrés avant ou pendant sa réalisation. La décision de mettre en images Le Cheminot appartient au seul Ken Takakura tombé sous le charme de cette histoire. C’est une réussite totale.

Le cheminot se déroule en pleine hiver, dans une région reculée de l’Hokkaido, à Horomai qui s’est développée à partir des années 40 grâce au charbon que l’on a trouvé autour de toutes les villes houillères avoisinantes. La gare d’Horomai en est le terminus.

C’est la veille du Nouvel An, moment important et significatif , celui où on célèbre l’année écoulée toute en fêtant celle à venir, pleine de promesses.  C’est surtout celle des comptes. Sen, chef de la gare centrale vient fêter le Nouvel An en compagnie de M. Otomatsu, ami et collègue de longue date et une figure emblématique de la gare de  Horomai. Jour après jour, de nuit comme de jour, M. Otomatsu s’est toujours tenu sur le quai de cette petite gare afin d’accueillir les voyageurs et veiller à la bonne marche du trafic. Un homme consciencieux qui a tout le temps fait passer son travail avant sa famille. Au cours de cette courte soirée les deux hommes revisiteront le passé et évoqueront leur départ à la retraite. L’apparition de trois jeunes filles dans ce paysage enneigé déclenchera chez M. Otomatsu une envie de se confesser.

 

La lettre d’amour raconte l’éveil d’une petite frappe basse du front à peine sorti de prison. Goro, employé insipide d’un yakusa versé dans le commerce du sexe, apprend que la femme qu’il a épousée vient de mourir et doit s’occuper de toutes les formalités administratives. Une fois cela accompli, il pourra s’il le désire gagner de l’argent en contractant un autre mariage blanc. Deux lettres écrites par la défunte qu’il voit pour la première fois en photo bouleverseront sa conception des valeurs humaines.

Le trait est sublime, les histoires prenantes, poignante dans Le cheminot, plus humoristique dans La lettre d’amour. Goro prête souvent à rire. La gorge se serre, les larmes coulent d’elles-même, l’émotion est telle que cela a valu à Jiro Asada le surnom de < Faiseur de larmes>. Du très grand manga. Excellente pioche.

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