the BOOK of NIGHT WOMEN

de Marlon James

19 janvier 2016 - 0 commentaires

the BOOK of NIGHT WOMEN (couverture)

Son sensationnel A Brief History of Seven Killings m’a donnée envie de connaître toute l’œuvre de cet auteur jamaïcain. Au tiers de son Man Booker Prize, ses deux autres livres m’étaient livrés juste à temps. J’ai pu enchaîner sans ressentir cette affreuse sensation de manque, d’abandon, de frustration, d’angoisse à l’idée que le point final approche et qu’il faudra bien patienter jusqu’au prochain livre. Et puis j’ai ce défaut de vouloir tout découvrir d’un auteur qui juste avec des mots réussit à provoquer quelque chose qui ressemble à s’y méprendre à un orgasme. Un orgasme littéraire s’entend.

Jusqu’à très récemment, j’ignorais encore l’existence de ce monsieur s’il n’y avait eu cet entre-filet sur ma page Google News concernant le Man Booker Prize. Comme quoi l’internet n’a pas que des défauts.

the BOOK of NIGHT WOMEN est un journal racontant l’ascension d’une jeune esclave coincée entre son désir d’émancipation et son devoir envers les siens.

En ce début du XIXième siècle, le Domaine Montpelier, riche plantation de cannes à sucre vit peut-être ses dernières années de tranquillité. Les aventures d’un certain L’Ouverture à Haïti atteignent la Jamaïque, des nouvelles qui rassurent une groupe de femmes déterminées à se rebeller contre l’oppression coloniale. Menées par Homer, The Night Women s’organisent, complotent, s’allient avec d’autres esclaves vivant dans d’autres domaines afin d’assurer la victoire complète de ce coup d’état. La naissance de Lilith, une métisse aux yeux verts, est ce que Homer attendait. Entre la peur et la méfiance, toutes s’accordent à reconnaître que Lilith détient un pouvoir surnaturel, une qualité que Homer exploitera sans vergogne en l’enrôlant et en l’imposant à son petit club de femmes. Tandis que la mutinerie s’ébauche, Homer entreprend d’éduquer Lilith. Outre la lecture et l’histoire, leur histoire, elle lui inculque le fonctionnement d’une plantation et la hiérarchie qui règnent sur toute l’île. Une horreur que Lilith refuse puis rejette en s’accrochant à sa jeunesse, sa beauté pour s’extraire d’une misère annoncée. Ambitieuse, Lilith parvient à réaliser son rêve s’alliant la suspicion de ces femmes de la nuit.

Écrit en vieil anglais et en patois (créole), the BOOK of NIGHT WOMEN est d’une beauté rayonnante. James Marlon m’avait séchée avec ses manières cavalières de (mal)traiter la syntaxe, la ponctuation, le vocabulaire dans A Brief History of Seven Killings mais dans celui-ci, c’est à dire son second livre, sa prose est un cran au-dessus: une parfaite maîtrise du rythme, de la narration et de l’intrigue. Malgré les scènes d’une absolue cruauté qui égrènent ce livre, son sujet (l’esclavage), the BOOK of NIGHT WOMEN est un hymne à la femme, à la vie, au bonheur.

Si j’avais des doutes quant aux réelles qualités littéraires de James Marlon, ils ont été balayés dès les premières lignes. Le travail de ce monsieur est à découvrir absolument et si possible dans la langue. Franchement, je ne vois pas comment on pourrait traduire une telle prose sans gâcher la tonalité générale. Avec une liseuse de qualité avec la fonction dictionnaire incorporée, la lecture en est que plus fluide. Ce type me subjugue totalement et tel le junkie moyen qui attend fébrilement sa dose, je me plonge dans les dernières pages de son premier bouquin et mon dernier de lui donc, John Crow’s Devil. A tomber. Le temps de reprendre mes esprits et je vous raconte tout ça prochainement.

En attendant, je vous souhaite une excellente lecture en compagnie de ce grand bonhomme dont je ne doute pas un seul instant qu’on en entendra beaucoup parler.

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