FOG (8 tomes)

de Bonin - Seiter

31 août 2012 - 0 commentaires

FOG (8 tomes) (couverture)

Huit tomes organisés en diptyques servant à merveille des intrigues complexes, des personnages attachants aux facettes multiples, un suspense haletant, le tout en pleine époque victorienne. Je propose de les présenter en respectant l’idée des deux créateurs.

Le tumulus (T1) – Le destin de Jane (T2) :

Fin du XIXème siècle, sur les îles Shetland, Sir Thomas, archéologue en compagnie de sa fille Mary Launceston, met à jour le tombeau de Vigā-Jön et son frère Haakon, deux guerriers d’Odin réputés pour le cruauté et leur talent de sorcier. Faisant fi des superstitions locales et de la malédiction des frères sanguinaires, corps et trésor sont expédiés par bateau vers Londres en vue d’une exposition au British Museum consacrée au Tumulus de Magnus Bay.  Malheureusement, le convoi coule à l’embouchure de la Tamise.

A Londres, les détectives Molton et Hardwood du Scotland Yard piétinent sur l’enquête d’une série de meurtres à la hache. Un article de Ruppert Graves, journaliste au Times, ajoute à la psychose de la population et compromet l’inauguration de Sir Thomas. L’assassinat de joaillers, la promesse de Viga-Jon de revenir d’entre les morts pour y exercer sa vengeance attisent le sentiment d’insécurité qui règne sur la capitale. Surtout que les meurtriers s’en prennent à la bonne socièté londonienne en éliminant Sir Thomas lors de son discours inaugurale.

Ne remarquant aucun rapport entre les victimes, le Yard stagne. Les récents crimes qui frappent des personnalités très en vue mettent Mary Launceston et Ruppert Graves sur une nouvelle piste: celle d’Oxford et l’affaire de l’île de Bayley, un triste épisode raconté par le révérend Dodgson, un vieil ami de Ruppert.

 

Le Mangeur d’âmes (T3) – Les sables du temps (T4) :

1860, dans le désert du sud de l’Arizona, « Oeil-clair » sauve la vie de « Long-Eagle », un des gardiens d’un lieu secret peuplé d’esprits.

1874, Londres. Ruppert Graves, journaliste au Times, sur le point d’écrire une série d’articles sur le spiritisme et le paranormal, dernière toquade de la bonne société londonienne, se rend accompagné de Mary Launceston à la soirée spirite organisée par Lady Hastings. Lors de la séance, Mrs Todd la médium invitée pour l’occasion perd la raison, accuse le major Collins, héros de la guerre de Crimée d’être possédé par un esprit démoniaque.

Le lendemain, l’un s’est suicidé et l’autre est victime d’une attaque cérébrale. Mais lorsque le sergent Cribb, aide de camp du major, meurt accidentellement, l’inspecteur Molton du Yard sollicite l’aide de Ruppert et Mary. S’engage une enquête difficile qui les mène jusqu’à un étrange club auquel appartenait le major Collins, les bouges de White Chapel, les archives du Times, le ministère de la guerre, le zoo de Regent’s Park et à un hangar dans le quartier mal famé de Devil’s Acre, un lieu aménagé en arène antique.

Pendant ce temps, la police a fort à faire avec une vague d’enlèvements et des cadavres repêchés dans la Tamise. Se joignent à l’aventure, l’aliéniste Algernon Nash expert en hypnose, Mr. Ballantyne  de l’agence Pinkerton  mandaté par le gouvernement américain pour empêcher qu’une catastrophe ne s’abatte sur le monde, l’inspecteur Mac Millan recrue exceptionnelle du Yard et au fait des dernières techniques d’investigation.

 

La mémoire volée (T5) – Remember (T6) :

1876, sur une route des Highlands,, Mary Launceston, de retour d’un voyage en pays navajo, se rend dans la famille Mac Millan  résidant à Inverness, la capitale. Alors qu’elle leur remet une énorme turquoise , symbole de la pureté de l’âme et cadeau des navajos, Angus, magistrat de la couronne, se rend sur les rives du loch où l’on découvre deux corps carbonisés: Diggory, photographe indépendant et Falkirk, journaliste écossais.

Au même moment, à Londres dans le taudis de Limehouse, la police et Ruppert Graves libèrent de malheureux esclaves cachés au fond d’une cave. Parmi les victimes, une jeune femme intrigante. Quoique frappée d’amnésie, la jeune femme ne peut feindre son appartenance à la bonne société. A la demande de leur vieil ami, le docteur Copley du St James hospital, hospice pour les démunis, Ruppert avec l’accord de Mary la recueillent.  Sarah, comme la désignaient ses compagnons d’infortune, ressemble grandement à une amie d’enfance de Mary, Létitia Combe-Raven qui vient d’épouser en grandes pompes Lord Douglas Wishaw. Ce dernier envisage d’engager sa fortune dans la construction de dirigeables capables de transporter marchandises et voyageurs.

D’autres cas comme d’amnésie apparaissent tous localisés dans le quartier de Blackfriars. Des corps sont repêchés aux environs de l’île aux Chiens, l’endroit où Lord Douglas a installé ses ateliers, un chantier sous haute surveillance. Mais qu’est-ce qui lie la découverte d’un document trouvé dans les affaires du feu le journaliste Falkirk  » Remember Culloden » (cuisante défaite infligée aux écossais par le Duc de Cumberland), la disparition du propriétaire du propriétaire du Flying Cloud et son impotente de mère  dotée de pouvoirs extraordinaires , l’épidémie d’amnésie, le vol du « Bonnie Prince Charlie »?

 

Wintertime (T7) – Au nom du fils (T8) :

 

Londres, 1877.

Le « King George » en provenance d’Alexandrie accoste les côtes anglaises avec à son bord Mr Ghost, négociant de tissus au Caire. Un homme singulier, un aventurier, qui revient chez lui après 25 ans d’absence. Ses tissus d’ameublement ont été retenus pour décorer l’exposition orientaliste à Crystal Palace dont est chargée Mary Launceston.

Le « Pharaon », le yacht du colonel Blake revient avec dans ses cales le plus fabuleux des trésors d’Égypte: le sarcophage d’Amenhotep IV, le dernier pharaon de la 18ème dynastie. Cachés au fond d’une grotte secrète à Tell-El-Amarna, dépouille et trésor de ce dieu solaire ont toujours échappé aux pillards grâce aux disciples du culte d’Aton, une puissante organisation peu encline à se laisser dépouiller de son histoire.

Mary Launceston, à la tête du pavillon d’égyptologie, est au comble de la joie. La future exposition non seulement s’annonce riche mais sera le point de mire de toute l’Europe. Une véritable consécration pour cette amoureuse de l’histoire.

Ruppert Graves, devenu écrivain, est en passe d’être publié aux États-Unis. Malgré une fortune soudaine et cette exposition médiatique, il n’en oublie pas moins son goût du mystère et son ami l’inspecteur Molton du Yard. Ce dernier rencontre bien des difficultés depuis quelques mois. Les vols à la tire, les cambriolages se sont multipliés. La lutte contre la pègre qui gouverne les basfonds de Londres s’avère rude et impossible. Le meurtre d’un notable dans le quartier de Fieldlane, le territoire des Duffer’s, par deux imbéciles met ce petit monde en effervescence. Il revient à Molton de retrouver ces assassins avant les Duffer’s. Bienque leur revenu principale provienne de la prostitution, l’extorsion, le cambriolage, ils sont aussi propriétaires du Bar Américain, le dernier lieu à la mode, et parfois armateurs. Tuyauté par un de ses indics, Molton se rend à l’entrepôt où l’un des malfrats est retenu prisonnier. La lutte entre  les forces de l’ordre et les Duffer’s fera deux morts, celle de Bobby Blake est fâcheuse. Fils unique et seul héritier de l’empire Blake, sa mort provoque une rage meurtrière chez le colonel. Américain, ancien officier sudiste installé à Londres où il a fait fortune, il usera de tous les subterfuges et mettra à contribution ses amis hauts placés pour anéantir Molton.

L’exposition orientale connait aussi des renversements de situations. Meurent étranglées toutes les personnalités ayant participé à la fouille de la grotte au point que l’héritier principale décide de mettre aux enchères toute la collection.

 

Cette petite série est réjouissante, divertissante, jubilatoire. Non, je doute qu’elle bouleverse le genre mais l’exécution est impeccable, intelligente, fine, riche, addictive. Le travail de messieurs Bonin et Seiter est admirable. Ils ont su conjugué l’esprit de Connan Doyle et Charles Dickens avec talent. Tout le charme de l’époque victorienne, le pire comme le meilleur, sont dans ces pages. Les couleurs certes sombres, rappellent que Londres fut à une époque le poumon économique du pays, les usines se développaient en plein cœur de la City, le rejet des toxines noircissaient paysage et habitations. Ce fut une époque cruelle pour les miséreux qui y arrivaient en masse. Le trait est délicat mais gênera certains; les visages sont souvent esquissés, l’expression qui en émanera dépendra de la personnalité du lecteur tandis que les intérieurs sont achevés.  Les intrigues sont complexes, savamment dosées (les indices sont donnés au compte-goutte) et permettent de créer des personnages profonds. Sans évoquer la manière subtile dont ils ont su pimenter ces aventures car tout le secret est dans l’usage délicat des ingrédients: la petite histoire dans la grande, le mysticisme, le paranormal, les légendes, les différentes facettes de la société, etc. Je recommande vivement cette série.

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