LA MONDAINE (1/2)

de Jordi Lafebre - Zidrou

20 février 2014 - 0 commentaires

LA MONDAINE (1/2) (couverture)

« C’est cela que je n’aime pas à Paris: il faut toujours qu’il vous tombe quelque chose dessus!… »

En cette nuit d’avril 1944, ce sont des bombes anglaises qui pleuvent sur Paris. Réfugié comme d’autres dans une bouche de métro, un paquet de cigarettes proposé par un militaire allemand pour passer le temps, Aimé Louzeau inspecteur à La Mondaine remonte le fil de son histoire personnelle.

Il est loin le rêve du Grand Puma, le chef indien qu’il voulait devenir… Le Quai des Orfèvres, les plaines du Far West, pas grand chose en commun.

A 28 ans, Aimé Louzeau quitte la Criminelle pour rejoindre les Mœurs, les meilleurs services de renseignements de l’État. C’est un homme discret, courtois, un célibataire qui vit avec sa mère et Clémentine, une proche de la famille, une femme loyale débordant d’amour. Nous sommes en 1937, la guerre n’est pas encore le quotidien des français. La Mondaine, c’est fouiller les fonds de culottes rances de la France, collecter des renseignements sur les goûts des clients, rédiger des blancs que la hiérarchie utilisera à bon escient. C’est côtoyer le monde de la prostitution, s’infiltrer dans des soirées privées où la débauche bat son plein, sympathiser avec les tenancières de bordels peu avares en détails sur les petits secrets des clients. Et des secrets, tout le monde en a. Aimé, les collègues, le tout Paris.

Pas vraiment de fil rouge ici, ce premier tome ne donnant aucune indication sur la tournure que prendra le récit, les spéculations iront bon train jusqu’à cet été, période prévue pour la sortie du second et dernier opus. Pour le moment, on découvre la vie d’un commissariat de police, les interrogatoires musclés, les collègues d’Aimé, le sémillant chef fou de vélo, la vie de Paris avant guerre et les secrets qui se révèlent entre deux beuveries et un gueuleton. Des peurs, des douleurs difficiles à évacuer, des blessures impossibles à guérir, de vies ratées. On y parle de prêtre défroqué, de folie, de changement intentionnelle d’identité, de faute morale, d’infidélités, de loyauté, de déviance. C’est toute une faune de personnages attachants qui est décrite avec leur force, leur faiblesse, leur travers, tout ce qui fait la grandeur et la décadence de l’homme. Beaucoup d’amour, de tendresse, de respect, d’humour et de poésie dans ces pages.

Que d’émotions!

La peau de l’ours, Le montreur d’histoires et Les folies Bergère m’émerveillent encore par leur puissance narrative, leur mise en scène impeccable, la profondeur des sentiments des personnages et le choix de ne porter aucun jugement sur qui que ce soit est une belle leçon de tolérance. Le dessin et couleurs de Jordi Lafebre font honneur à cette comédie humaine. Une finesse dans le trait, de l’ocre, du bleu, des visages hyper expressifs, un dessin fluide… MAGNIFIQUE tout simplement.

 

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