LE GEANT ENFOUI

de Kazuo Ishiguro

28 septembre 2015 - 0 commentaires

LE GEANT ENFOUI (couverture)

De l’importance de la mémoire comme élément essentiel sur lequel tout être s’appuie pour se construire.

Dans un monde post-arthurien, Axl et Beatrice décident de rejoindre leur fils, un fils parti depuis si longtemps on ne sait où. Son souvenir quoique estompé reste assez vivace dans leur mémoire déclinante pour entreprendre cette dernière quête. Un périple semé d’embuches pour ce couple vieillissant uni par un indéfectible amour. Pressés par le temps, ils s’embarquent dans cette ultime aventure.

Axl et Beatrice quittent leur petite communauté, un havre de paix sur lequel règne une brume étrange. Qu’il soit d’origine divine ou l’œuvre de quelque magicien, ce léger brouillard garant d’une paix tant désirée affecte la mémoire maintenant tout le monde dans un état de confusion. Si des pans de leur vie se dissolvent dans une amnésie collective, seuls la puissance de leur amour, le profond respect qui les lie, la confiance absolue qu’ils ressentent l’un envers l’autre, cet indécrottable attachement œuvre de toute une vie sont capables de venir à bout de ce projet insensé: former à nouveau une famille.

Les voilà partis sur des sentiers semés d’embuches, de troublantes rencontres, nouant des amitiés improbables en ces temps dangereux, rapiéçant tant bien que mal leur histoire et l’Histoire, et peut-être résoudre le mystère qui plombe le pays. Dans leur effort pour atteindre la demeure de leur fils, ils rencontreront un jeune gamin à deux doigts d’être lynché par un village, des chevaliers tiraillés entre leur sens du devoir et la promesse faite en des temps immémoriaux, des prêtres soucieux de conserver paix et secret quitte à commettre de vilaines exactions, des sorcières, des ogres, une dragonne, d’étranges passeurs.

Partiale, je le suis avec cet auteur. Sans être une fan absolue de son travail, les rares livres que j’ai lu de lui m’ont toujours plongés dans une sorte d’extase, quelque chose entre la mélancolie et la révélation, de quoi? Aucune idée mais c’est le sentiment que cette lecture me procure. J’apprécie cette tristesse qui en émane, un état loin de l’abattement, un état de calme absolu comme son absence de rythme. On se plonge dans cette histoire qui met en scène deux vieillards fragiles à bien des égards, sans grande difficulté. Alors qu’autour d’eux, tous s’animent et s’agitent dans tous les sens soumis à quelque impératif, ils avancent lentement (comme nous lecteurs), assurément, se rapprochant de leur but se rappelant sans cesse ce lien précieux qui les unit. Un lien chéri qu’un rien détruirait mais qui leur permet d’endurer chaque épreuve avec grâce et intelligence. Jusqu’à la surprenante fin, l’auteur ménage le suspense. Et quelle leçon de vie!

Une bien jolie histoire à savourer autour d’une tasse de thé.

 

 

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