LES LUMINAIRES

de Eleanor Catton

7 septembre 2015 - 0 commentaires

LES LUMINAIRES (couverture)

Couronnée par le prestigieux Man Booker Prize en 2013, cette petite escapade en Nouvelle-Zélande en pleine ruée vers l’or est divertissante, rafraîchissante et ingénieuse.

Ce bon gros pavé aux allures feuilletonesques retrace sur une période d’un an les aventures ou mésaventures d’une petite communauté secouée par différents scandales.

Venus d’Écosse, d’Australie, de Chine, ces hommes et femmes placent tous leurs espoirs d’enrichissement rapide en ces terres qui connaissent depuis 1864 un véritable engouement. L’or, précieux métal sujet de convoitises, fait et défait ces prospecteurs en herbe. En ces années 1865-1866, d’étranges évènements ébranlent la tranquillité dont cette petite bourgade se passerait. Comme dans toutes villes naissantes, chaque geste, parole, déplacement deviennent le centre des conversations voire d’extrapolations, de théories fumantes et fumeuses.

Dans le salon d’un hôtel, des hommes sont réunis pour débattre des récents incidents qui perturbent la cohésion de cette minuscule société. Lors de cette assemblée tenue à huis clos, les invités raconteront à tour de rôle leur participation à cette rocambolesque aventure. Les témoignages s’enchâssent et laissent entrevoir les liens ténus qui les lient.

Roman d’aventures s’il en est, LES LUMINAIRES à la narration tarabiscotée n’en est pas moins un bon roman mélodramatique avec tout le tremblement qui l’accompagne: chantage, meurtre, disparition mystérieuse après la découverte d’un fabuleux trésor, une correspondance secrète, une séance de spiritisme, une prostituée au grand cœur, des faux en écriture, de la contrebande, des identités contrefaites, une fumerie d’opium et un procès.

Si le fond est romanesque à souhait, la forme est élégante. Il y a beaucoup de délicatesse et de courtoisie dans cette aventure humaine. L’aisance de l’auteure à s’emparer de tous les codes narratifs propres aux romans victoriens et à les faire siens est telle que cela force le respect. Que l’on apprécie ou pas ce genre littéraire, Eleanor Catton a les qualités d’une bonne conteuse. Une exquise découverte.

 

 

 

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