LA BREVE ET MERVEILLEUSE VIE D’OSCAR WAO

de Junot Diaz

12 avril 2013 - 1 commentaire

LA BREVE ET MERVEILLEUSE VIE D’OSCAR WAO (couverture)

Dans une langue exubérante, savant patchwork luxuriant qui en emprunte tous les niveaux en s’affranchissant de tout académisme , Junot Diaz couvre 60 ans d’histoire dominicaine à travers une saga familiale. Des années 30 sous la présidence de Trujillo a.k.a El Jefe, le Voleur de Bétail Raté et Face de Gland, leur Sauron, leur Arawn, leur Darkseid, un personnage si étrange, si pervers, si épouvantable que même un auteur de SF n’aurait été foutu de l’inventer aux années 90 dans le New Jersey, un saut du Tiers au Premier monde, de quasiment pas de télé  ni d’électricité à un max des deux. Avec pour colonne vertébrale, le fukù, une malédiction ou fatalité, un démon précipité dans la Création par une porte cauchemardesque entrouverte sur les Antilles. Lire la suite…

UNE FEMME SIMPLE ET HONNETE

de Robert Goolrick

25 février 2013 - 0 commentaires

UNE FEMME SIMPLE ET HONNETE (couverture)

Avant l’ère de l’internet, Meetic et autres, il était tout aussi facile de se commander une paire de bottes que de s’acheter une femme. Une simple annonce publiée dans un journal puis une réponse en forme de lettre accompagnée d’une photographie. Lire la suite…

LES FRERES SISTERS

de Patrick deWitt

21 décembre 2012 - 3 commentaires

LES FRERES SISTERS (couverture)

BRILLANT et RENVERSANT. Je ne m’attendais pas à être si surprise par une simple histoire de western et surtout par un livre choisi pour sa couverture et son titre rigolo. Mais qu’est-ce qui m’a tant plu et qui m’a obligé à le finir d’une traite comme si ma vie en dépendait? Certes le genre western, les grands espaces, l’Amérique sont des thèmes qui trouvent un écho en moi. Le véritable talent de cet auteur canadien qui m’était inconnu jusqu’à ce jour, est ce délicat mélange de bestialité, spiritualité, d’insanité raconté dans une langue sublime. Un western picaresque qui aborde aussi bien les notions de l’amour, de la fraternité, de la solitude, de la folie, de la cupidité, de la quête de soi. Un livre hilarant, étrange, mélancolique et résolument poétique. Patrick deWitt est un alchimiste et maîtrise parfaitement l’humour noir et le western pour accoucher d’un ovni littéraire. Lire la suite…

LA BIBLIOTHEQUE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE

de Kim Jung-hyuk

19 décembre 2012 - 5 commentaires

LA BIBLIOTHEQUE DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE (couverture)

C’est injuste de mourir anonyme, dernière pensée à laquelle se raccroche un homme victime d’un accident de la route, pensée qui nous a au moins traversé une fois dans notre vie. Que faire dans une société prise dans la course folle du rendement immédiat? Où la société de consommation se substitue au bien-être et offre une piètre consolation à la vacuité de notre existence? Où la peur de ne plus faire partie d’un ensemble lisse et policé vous pousse à en accepter toutes les contraintes? Dans un présent incertain qui annonce un futur précaire, l’angoisse existentielle de ces héros anonymes finit par les asphyxier tant et plus que seul un accroc à-priori anodin dans la marche bien huilée du monde peut les sauver. Même si en fin de comptes, la vie n’est qu’une succession de circonstances (…) la vie change au gré d’évènements sans lien apparent, comme un collier dont on enfile les perles. Continuer ce collier, n’est-ce pas le but de la vie?  Maintenant, il faut choisir entre réussir sa vie, dans la vie ou les deux. Chaque personnage, après une analyse sans concession de leur situation  et aspiration, remédie au vide de leur existence en saisissant l’opportunité qui leur est offert. Lire la suite…

LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME

de Jérôme Ferrari

12 décembre 2012 - 1 commentaire

LE SERMON SUR LA CHUTE DE ROME (couverture)

Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles? L’homme bâtit sur du sable. Si tu veux étreindre ce qu’il a bâti, tu n’étreins que du vent. Tes mains sont vides, et ton cœur affligé. Et si tu aimes le monde, tu périras avec lui. (p198). 

Pour la première fois depuis longtemps, il pensa à Leibniz  et se réjouit de la place qui était maintenant la sienne dans le meilleur des mondes possibles et il eut presque envie de s’incliner devant la bonté de Dieu, le Seigneur des mondes ,qui met chaque créature à sa place. Mais Dieu ne méritait aucune louange car Matthieu et Libero étaient les seuls démiurges de ce petit monde. Le démiurge n’est pas le Dieu créateur. Il ne sait même pas qu’il construit un monde, il fait une œuvre d’homme, pierre après pierre, et bientôt sa création lui échappe et le dépasse et s’il ne la détruit pas, c’est elle qui le détruit. (p99) Lire la suite…

  • Partagez ce blog

Ou suis-je ?

Vous regardez la liste des fiches marquées quête existentielle sur Immobile Trips.